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Fondation Pierre Sarazin
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Interview de Jérôme GRANGIER, président de la Fondation

Date4 mai 2022

auteursar-colette

3 questions à Jérôme GRANGIER, président de la Fondation Pierre Sarazin : « C’est avant tout la créativité des exploitants que nous valorisons. »

Jérôme Grangier a été exploitant agricole pendant 42 ans, cultivant successivement riz, céréales, verger et patates douces. Parallèlement, il crée, en 2000, une start’up imaginant de nouveaux logiciels d’exploitation avec données GPS. Membre de la Fondation depuis 1990, il en devient Président, succédant à Jean-Pierre Monod. Se voulant moteur d’innovation, il partage aujourd’hui son temps entre la détection de nouveaux talents avec la Fondation Pierre Sarazin et la réflexion sur l’hybridation du riz et la suppression des phytosanitaires en Camargue.

La Fondation Pierre Sarazin soutient les innovations dans le domaine de l’agriculture depuis plus de 30 ans. Une enveloppe de 25 000 € sera partagée entre les lauréats de 2021-2022. Quel est le but de la Fondation ?

À travers la Fondation, nous souhaitons promouvoir l’agriculture de demain et mettre à l’honneur la capacité des agriculteurs et des éleveurs à s’adapter aux contraintes du terrain. Aujourd’hui, un exploitant agricole est confronté à des problématiques de productivité. Demain la P.A.C prévoit une réduction de 50 % de nos émissions de G.E.S et la baisse de 50 % de l’utilisation des phytosanitaires. Aujourd’hui, le modèle d’exploitation traditionnelle atteint certaines limites. Il faudra adapter la production aux contraintes du réchauffement climatique et répondre à l’évolution des attentes des consommateurs. Et tout ça sans parler des évènements géopolitiques qui impactent directement nos transactions agricoles…

L’innovation en agriculture, c’est partout et tout le temps. C’est pour valoriser les efforts de nos agriculteurs que la Fondation a été créée et continue à œuvrer aujourd’hui. Les membres de la Fondation sont d’ailleurs tous issus du monde agricole : des exploitants, des ingénieurs ayant occupé ou occupant toujours des responsabilités dans des institutions clés. Les projets sont donc examinés avec un regard éclairé. Il n’est pas rare que nous accompagnions les candidats dans leur réflexion ou que nous les mettions en contact avec des partenaires.

À propos des candidatures justement. La Fondation Pierre Sarazin lance la 24e édition de son Prix de l’Innovation Agricole. Quels types de projets sont étudiés ? Sur quels critères effectuez-vous la sélection ? 

La Fondation Pierre Sarazin intervient sous l’égide de la Fondation de France. Les projets que nous soutenons doivent donc servir l’intérêt général. Dans le domaine agricole, cela se traduit par des projets dont le résultat ne s’arrête pas aux portes des exploitations. Parmi les critères à présenter dans le formulaire de candidature le caractère reproductible est très important. L’innovation apportée doit servir à d’autres, soit en l’adaptant sur d’autres exploitations soit en apportant une nouveauté pour le secteur concerné ou encore en faisant avancer les connaissances dans un domaine, comme un de nos derniers lauréats sur la Flavescence dorée, dans le secteur viticole.

Nous étudions également la rentabilité du projet. Il ne s’agit pas d’une simple logique coût/profit mais plutôt de mesurer l’impact d’un projet au regard de toute une filière. La question n’est pas de produire plus mais de produire mieux. Parmi nos lauréats, certains ont permis des avancées en matière de moindre pénibilité dans la manutention du bétail , entrainant également des conséquences positives pour le bien-être animal.

Un autre critère qui nous tient à cœur est bien sûr le respect de l’environnement. De tous temps, les agriculteurs ont eu la charge à la fois de nourrir le monde mais également d’entretenir les paysages. L’impact de l’homme sur la planète est indiscutable et la Fondation œuvre à concilier ces deux prérogatives en soutenant les exploitants qui produisent dans le respect des ressources naturelles.

À partir de ces trois axes, nous sommes ouverts à tous les types d’innovation, qu’elle soit technique, sociale, liée à la production ou aux nouveaux modes de consommation. Bien sûr des mots comme Intelligence Artificielle et tout ce qui a trait au numérique ont le vent en poupe. Mais à travers le Prix de l’Innovation, nous voulons également saluer la relation humaine, le travail d’équipe et la collaboration qui sont source de toujours plus de créativité. C’est d’ailleurs pour cela que nous recevons également des projets collectifs .

Quels conseils donneriez-vous aux candidats pour remporter la dotation de la Fondation Pierre Sarazin ?

Croyez en vos idées. C’est avant tout la créativité des exploitants que nous valorisons, avant de regarder le détail des chiffres. Ne craignez pas de faire bouger les lignes pour préparer l’agriculture de demain. Nous faisons face à des enjeux cruciaux, tels que l’accès à la ressource en eau. Nous avons besoin d’agriculteurs qui osent croire que le changement est possible et que nous pouvons nous adapter et surtout agir. Et parce qu’on n’est jamais le plus beau et le plus fort tout seul, n’hésitez pas à vous entourer, à travailler à plusieurs. N’hésitez pas non plus à prendre contact avec la Fondation en amont de votre candidature. Nous ne sommes pas uniquement là pour juger mais avant tout pour accompagner l’innovation.